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Déc 2, 2017

L'automne primaire

Déjà presque 2 ans que je me suis éloignée de la « photo de mode », sans trop jamais savoir où je voulais repartir. Ça fait aussi plus de 2 ans que je réfléchis à « ma » photo. Celle qui me sort du lit douillet un samedi, celle qui fait disparaître le temps autour de moi, celle qui vient du fond de mes envies.  À travers les différentes collaborations avec ma mère autour de la nature morte, les photos du voyage avec l’homme, les vidéos de mon projet 365, j’ai essayé d’apprendre, tenter des nouvelles techniques et approches. Les femmes, les couleurs, les détails, les ombres, les lignes, les séries, la lumière. Certains mots-clés se sont détachés au fil du temps, des images et des envies sont revenues petit à petit dans ma tête.

Lorsque j’ai proposé cette séance à Maggy il y a quelques semaines, je savais déjà où je voulais me diriger. Tout venait naturellement, comme quand j’avais commencé les portraits et que je débordais d’envies. « Je veux jouer avec toi et les couleurs d’automne, ces couleurs primaires, rouge, jaune, vert et les ombres. ».  Je voulais éliminer les artifices pour aller aux essentiels, aux courbes, aux couleurs.

« Jouer ». C’était le plus important. Que j’essaie, à nouveau, sans trop de règles. Jouer avec la lumière, jongler avec ses reflets, la prendre en contre-pied, s’amuser de nouvelles textures, pour juste savourer ces moments d’étincelles.

Sans oublier mon grand défi du moment : réfléchir plus la lumière, mieux la placer, ne jamais l’oublier au détriment de l’environnement. Je fonctionnais beaucoup à l’instinct, sans jamais trop penser aux côtés techniques. Le studio avec ma mère m’a pas mal poussée à aller contre ma nature et prendre le temps d’observer mon sujet par rapport aux lumières.

Pour cette séance, j’ai utilisé uniquement le 85mm à la place du 35mm, mon objectif de prédilection depuis 4 ans. J’ai commencé la photographie avec le 50mm et ai élargi progressivement au 35. Cet focale m’obligeait à intégrer l’environnement, les attitudes, pour travailler beaucoup le hors-cadre – raconter une histoire en dehors du cadre. Mais depuis quelques voyages (notamment au Japon et en Grèce), je suis en train de migrer vers des angulaires plus longues telles le 85mm ou le 50-200mm sur le Fuji, pour cibler les détails qui retiennent mon attention. La pratique d’un objectif de longue focale me permet de réfléchir aux images différemment et d’aborder le portrait avec de nouvelles envies : épurer, éliminer les accessoires et les poses trop « mode », travaillant le fond de façon plus abstraite, soigner plus les détails qui font la petite différence…

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