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Jan 18, 2018

365projet : une vidéo par jour (2017)

2017

Musique : Ólafur Arnalds & Nils Frahm (Max Cooper Remix) – A2
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Le montage

Ça fait plus d’un mois que je travaillais dessus : le montage annuel de mon projet 365. C’est un peu avec lui que je mets un point final à ce projet mené durant un an.

Vous présenter une vidéo avec les 12 mois montés d’affilée me paraissait un peu sans intérêt. J’ai donc décidé de garder plus ou moins la chronologie pour ne pas perdre cette sensation d’évolution des saisons, mais tout en changeant ici et là l’ordre des séquences, supprimant certaines, rassemblant d’autres, pour les faire parler plus ensemble (et pour être plus en accord avec la musique).

J’ai décidé également d’insérer des séquences inédites : pour qu’il y ait un peu de nouveautés, et aussi parce que durant toute l’année, j’avais parfois le cœur serré de devoir choisir qu’une seule vidéo par journée filmée. Il y avait clairement des périodes ou des jours qui m’avaient plus marqués que d’autres, avec bien plus qu’une  séquence pour les représenter. L’arrivée du printemps, son anniversaire à Paris, les festivals, nos voyages en France et surtout en Grèce…

Le choix du morceau A2 était au coin de ma tête dès le début. Je savais qu’il était suffisamment long pour parcourir aisément une année en images, mais je savais que si je le choisissais, il était plus court que l’assemblage complet de 12 vidéos mensuelles. Lorsque j’ai décidé de ne pas garder les 365 vidéos, le choix était de plus en plus une évidence. Il faut dire que c’est un de mes morceaux préférés de tous les temps, il me transporte de bout en bout, avec ses mélodies, ses nappes, ses rythmiques. Son évolution était d’ailleurs à mes oreilles synchrone avec celle des saisons : le début presque religieux de l’hiver, les montées de plus en plus intenses vers l’arrivée du printemps, jusqu’à l’explosion des lumières de l’été, les changements à demi-tons vers l’automne jusqu’au retour doux de l’hiver. À chacune de ces étapes, je voyais quelles images associer et le fait d’avoir une plus grande liberté pour monter mes séquences m’a permis d’amener certaines images à des moments clés de la chanson, pour accentuer ces sensations.

Me limiter à 2 secondes par séquence, et à iMovie pour le montage tout au long de ce projet m’ont permise de rester assez dans la simplicité. Je suis très contente de ne pas avoir utilisé un autre logiciel plus professionnel de montage : quand on a un outil trop complexe alors qu’on ne maîtrise pas encore les bases, on a souvent tendance à se perdre dans les effets et on arrive à des résultats très douteux au style surfait. Avec iMovie, à part couper, ralentir et accélérer, je ne pouvais pas faire grand chose qui donnaient un résultat satisfaisant. J’ai su ainsi me focaliser pendant un an à ces manoeuvres basiques et de ne pas compter sur des effets visuels comme des superpositions d’images, le miroir, et autres. Et j’ai tenté de garder cette simplicité pour mon montage final aussi.


 Le projet 365

Mener un projet durant une année entière, chaque jour, n’était pas toujours facile. Il y avait des jours où rien ne m’inspirait, où peu de choses attiraient mon œil. Parfois me forcer ne me réussissait pas, et à d’autres moments cela m’offrait de belles surprises. Je m’étonnais moi-même à continuer de voir des détails nouveaux, sur mes chemins routiniers. C’était ça aussi l’intérêt de ce projet, de garder un œil frais sur mon environnement, et de remarquer davantage ce temps qui défile à travers les saisons. Me rendre compte quelques mois après que l’arbre qui m’intriguait par son ombre était un cerisier, trouver chaque jour des reflets et des ombres différents sur nos murs et s’extasier devant, découvrir la maison de mon enfance avec beaucoup plus de lumière et d’ombres que je pouvais me souvenir et d’en faire un nouveau terrain de jeux. Autant de petits plaisirs qui me motivait à prendre mon Fuji chaque jour avec moi, pour ne rien rater.

Un projet comme ça qui dure dans le temps me forçait aussi à me renouveler et à trouver des scènes en dehors de mes centres d’intérêt. Peut-être que si je ne me filmais que ce qui me chantait, j’aurais collectionné des ombres, ma première source de motivation en ayant commencé ce projet. Mais en 365 jours, on s’arrête sur d’autres choses, la neige qui flotte dans l’air hivernal, les fleurs qui poussent à des endroits insoupçonnés, des voitures qui font voler les feuilles… Ces instants captés que je n’aurais même pas imaginés avant de les filmer.

En revoyant toutes ces vidéos prises, sélectionnées ou non, plein de souvenirs me reviennent derrière les images, et surtout de lui, à bouger les ombres, les reflets, derrière et devant mon objectif. Je me rappelle aussi de tous ces moments où je filmais les nuages défiler dans le vent, pour finalement avoir un oiseau en plein envol, que je n’ai autrement jamais réussi à avoir délibérément. C’était ça aussi, le charme de ce projet, quand soudain, quelque chose se passait, bien plus que je ne m’attendais. Et c’était aussi toutes ces minutes d’attente qui se cachent derrière une séquence, pour avoir un passant, une feuille, une goûte, un éclaircis, et mon sourire fier derrière mon appareil, les crampes aux mains. Les instants devenaient précieux aussi courts qu’ils étaient.

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